Visiter le Museo Nacional de Bellas Artes de Santiago, notre guide
Palais du centenaire, verrière belge, collections chiliennes et européennes : notre guide pour découvrir le grand musée d'art de Santiago, au bord du Parque Forestal.
Au bord du Parque Forestal, un palais de pierre claire coiffé d’une coupole de verre accueille l’un des plus anciens musées d’art d’Amérique latine. Le Museo Nacional de Bellas Artes de Santiago raconte à la fois l’histoire de la peinture chilienne et celle d’un pays qui, en 1910, voulait se donner un temple des arts digne de son centenaire. Visite guidée.
Un musée né en 1880
Le musée ouvre ses portes le 18 septembre 1880, jour de la fête nationale chilienne, sous le nom de Museo Nacional de Pinturas. Il se présente aujourd’hui comme le premier musée d’art fondé en Amérique latine.
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Il faut attendre le début du XXe siècle pour que l’État chilien décide de lui offrir un véritable écrin. Le projet s’inscrit dans les grands chantiers lancés pour célébrer le centenaire de l’indépendance, en 1910, qui transforment alors le visage de Santiago.
Le Palacio de Bellas Artes, un « Petit Palais » chilien
Le bâtiment est conçu par l’architecte franco-chilien Emilio Jéquier, également auteur de la gare Mapocho toute proche. Inauguré en septembre 1910, il s’inspire du Petit Palais parisien et mêle une composition néoclassique à des éléments Art nouveau.
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Une façade à lire de près
La façade mérite qu’on s’y attarde. Balustrades, frises de motifs floraux, lions, taureaux et anges composent un décor foisonnant. Au centre, un relief montre Apollon tenant une torche près d’un cheval ailé, entouré de figures allégoriques de la peinture et de la sculpture. Plus discrets, vingt-deux médaillons ornés de mosaïques en tesselles de verre ponctuent l’ensemble.
La verrière venue de Belgique
À l’intérieur, c’est le grand hall central qui coupe le souffle. Il est baigné de lumière par une coupole de verre portée par une structure en fonte, commandée à une entreprise belge, la Compagnie Centrale de Construction de Haine-Saint-Pierre, qui a également réalisé la charpente de la gare Mapocho. Les pièces arrivent par bateau en 1907 et sont assemblées en 1909. C’est l’un des beaux exemples d’architecture métallique de l’époque à Santiago.
Le palais est classé monument historique depuis 1976. Il a traversé plusieurs séismes : celui de 1985 impose d’importants travaux de renforcement, et le musée ne rouvre qu’en 1988. Le tremblement de terre de 2010 ne lui cause en revanche que des dommages limités.
Ce que l’on vient y voir
La collection compte plusieurs milliers d’œuvres. Elle est principalement consacrée à l’art chilien, peinture et sculpture, mais comprend aussi des œuvres espagnoles, flamandes et italiennes, des kakemonos japonais et des sculptures africaines. Le musée la présente par roulement, à travers un parcours permanent et des expositions temporaires.
Le parcours permanent, intitulé 145 años. Historias de una Colección, réunit plus de trois cents œuvres de plus de deux cent cinquante artistes. Il a la bonne idée de raconter comment les œuvres sont entrées au musée : achats, dons, commandes, legs. On y comprend comment s’est construite, au fil des décennies, une certaine idée de l’art national.
Deux sculptures à ne pas manquer
- El descendimiento de Virginio Arias. Ce groupe de marbre installé dans le hall central montre le corps du Christ soutenu par quatre figures au moment de la descente de croix. Sa version en plâtre avait été primée au Salon de Paris dans les années 1880.
- Unidos en la gloria y en la muerte de Rebeca Matte. Devant l’entrée, ce bronze représente Icare et Dédale. Son autrice est considérée comme la première sculptrice chilienne ; une autre version de l’œuvre est conservée au palais Pitti de Florence. Endommagée en 2018, la sculpture a été restaurée la même année.
Les modernes et les contemporains
Le musée possède aussi des œuvres de figures majeures du XXe siècle, dont Roberto Matta, régulièrement exposé, et présente des expositions consacrées aux artistes contemporains chiliens. Les expositions temporaires changent plusieurs fois par an : le site officiel du musée donne la programmation à jour.
Un voisin à connaître : le MAC
Le palais abrite deux institutions. Côté façade principale, le Museo Nacional de Bellas Artes ; à l’arrière, le Museo de Arte Contemporáneo (MAC) de l’Université du Chili, qui occupe l’espace de l’ancienne École des beaux-arts. Les deux musées sont distincts, avec leurs propres collections et programmations, mais rien n’empêche de les enchaîner dans la même demi-journée.
Le quartier se prête d’ailleurs à la flânerie. Le Parque Forestal longe le río Mapocho et invite à la promenade, tandis que le quartier voisin de Lastarria, avec ses cafés, ses librairies et ses lieux culturels, est l’un des plus agréables de la ville. Le Centro Gabriela Mistral, autre adresse culturelle majeure, se trouve à quelques minutes à pied.
Infos pratiques. Museo Nacional de Bellas Artes, José Miguel de la Barra 650, Parque Forestal, Santiago. Station de métro la plus proche : Bellas Artes. L’entrée est annoncée gratuite pour tous par le musée ; horaires, jours de fermeture et expositions en cours sont à vérifier sur le site officiel, mnba.gob.cl. Un ascenseur, situé sur le côté du bâtiment, rue Ismael Valdés Vergara, facilite l’accès des personnes à mobilité réduite.
Nos conseils pour la visite
- Commencer par le hall. Avant de filer vers les salles, prenez le temps de lever les yeux vers la verrière et de faire le tour des sculptures : c’est le cœur du bâtiment.
- Prévoir une demi-journée. Le musée se visite en une à deux heures, mais l’enchaîner avec le MAC et une promenade au Parque Forestal donne une matinée bien remplie.
- Consulter la programmation. Les expositions temporaires sont souvent l’occasion de découvrir des artistes chiliens méconnus en Europe.
- Revenir. Le musée faisant tourner ses collections, deux visites à quelques années d’intervalle ne se ressemblent jamais tout à fait.
Le bon point de départ
Pour qui veut comprendre l’art chilien, le Museo Nacional de Bellas Artes est le point d’entrée idéal. On y passe des académiques du XIXe siècle aux recherches les plus contemporaines, dans un bâtiment qui est lui-même une page d’histoire. Et l’on en ressort avec une liste de noms à suivre, de Santiago à Valparaíso, pour prolonger le voyage.