Une semaine culturelle à Santiago : musées, quartiers et adresses
Lastarria, Bellavista, GAM, Barrio Italia, Quinta Normal : notre itinéraire de sept jours pour découvrir Santiago par ses musées, ses quartiers et ses lieux de culture.
Longtemps considérée comme une simple escale avant la Patagonie ou le désert d’Atacama, Santiago mérite qu’on lui consacre une vraie semaine. Musées de premier plan, quartiers bohèmes, centres culturels nés de l’histoire politique du pays : voici un itinéraire en sept jours pour la découvrir par la culture.
Jours 1 et 2 : le centre historique et le Parque Forestal
Jour 1, autour de la Plaza de Armas
Commencez par le cœur fondateur de la ville, la Plaza de Armas, bordée par la cathédrale et le Musée historique national. À deux rues de là, le Museo Chileno de Arte Precolombino, installé dans l’ancienne douane royale, construite entre 1805 et 1807, est un incontournable : ses collections couvrent les Amériques anciennes, du Mexique aux Andes, et sa salle souterraine Chile antes de Chile raconte l’histoire du territoire avant la conquête.
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L’après-midi, rejoignez le palais de La Moneda. Sous la Plaza de la Ciudadanía, le Centro Cultural La Moneda, inauguré en 2006, accueille de grandes expositions temporaires et la Cineteca Nacional. Le bâtiment souterrain, conçu par l’agence Undurraga Devés, vaut à lui seul le détour.
Jour 2, Lastarria et le Parque Forestal
Le Barrio Lastarria est le quartier culturel par excellence : rues pavées, librairies, cinémas d’art et d’essai, cafés et restaurants. Sur la petite place Mulato Gil de Castro, le Museo de Artes Visuales (MAVI), ouvert en 2001 à partir de la collection réunie par Manuel Santa Cruz et Hugo Yaconi, est aujourd’hui rattaché à l’Université pontificale catholique du Chili. Il offre un bel aperçu de l’art chilien moderne et contemporain.
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Traversez ensuite vers le Parque Forestal. Le Museo Nacional de Bellas Artes, fondé en 1880, occupe depuis 1910 un palais Beaux-Arts dessiné par l’architecte Emilio Jéquier, inspiré en partie du Petit Palais parisien. La verrière de son grand hall est l’un des beaux volumes de la ville. Dans l’aile ouest du même bâtiment, le Museo de Arte Contemporáneo de l’Université du Chili présente une programmation plus expérimentale. En fin de journée, montez au cerro Santa Lucía pour une vue sur le centre.
Jour 3 : le GAM et Bellavista
Le Centro Gabriela Mistral (GAM), à l’entrée de Lastarria sur l’Alameda, a une histoire qui résume celle du pays. Le bâtiment est construit en 275 jours, sous le gouvernement de Salvador Allende, pour accueillir en 1972 la troisième conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED III). Il devient ensuite un centre culturel, avant que la junte militaire n’en fasse son siège après le coup d’État de 1973. Partiellement détruit par un incendie en 2006, il est repensé à l’issue d’un concours d’architecture et rouvre en septembre 2010 comme centre culturel consacré au théâtre, à la danse, à la musique et aux arts visuels. Ses places ouvertes, sa bibliothèque spécialisée et sa programmation en font un lieu de vie très fréquenté.
De l’autre côté du río Mapocho, le quartier de Bellavista est celui des nuits santiaguines, des façades peintes et des ateliers. On y visite La Chascona, la maison que Pablo Neruda fit construire au pied du cerro San Cristóbal pour Matilde Urrutia, dont la chevelure indomptée a inspiré le nom. Gérée par la Fondation Pablo Neruda, elle conserve l’univers du poète, ses collections d’objets et un portrait de Matilde par Diego Rivera. Les places étant limitées, réservez si possible. Terminez par la montée au cerro San Cristóbal, en funiculaire ou à pied, pour voir la ville et la cordillère au coucher du soleil.
Jour 4 : Quinta Normal et Barrio Yungay
Consacrez une journée à l’ouest du centre. Face au parc Quinta Normal, le Museo de la Memoria y los Derechos Humanos, inauguré en 2010, documente les violations des droits humains commises sous la dictature, entre 1973 et 1990. La visite est exigeante ; prévoyez du temps et un moment de calme ensuite.
Le parc lui-même abrite plusieurs institutions, dont le Musée national d’histoire naturelle et une antenne du Museo de Arte Contemporáneo. Le centre culturel Matucana 100, installé dans d’anciens entrepôts, propose théâtre, expositions et concerts. Flânez enfin dans le Barrio Yungay, l’un des plus anciens quartiers résidentiels de la ville, avec ses maisons à façade continue et ses passages.
Santiago se parcourt très bien en métro. La plupart des étapes de cet itinéraire se trouvent à proximité d’une station. Pour les horaires, les tarifs et les jours d’ouverture, toujours susceptibles d’évoluer, consultez les sites officiels de chaque institution avant de vous déplacer.
Jours 5 et 6 : Barrio Italia, Barrio República et le centre-est
Jour 5, design et antiquaires
À la frontière des communes de Providencia et de Ñuñoa, le Barrio Italia s’est imposé comme le quartier du design et des antiquités. Autour de l’avenue Italia, d’anciennes maisons à patio ont été transformées en galeries où se côtoient créateurs de mode, céramistes, éditeurs, boutiques de mobilier et cafés. C’est le bon endroit pour dénicher un objet d’artisanat contemporain ou une affiche ancienne.
En chemin, sur l’avenue Vicuña Mackenna, le Museo Violeta Parra, inauguré en 2015 et dessiné par Cristián Undurraga, est consacré à la grande artiste chilienne, à la fois chanteuse, compositrice, brodeuse et peintre. Touché par des incendies en 2020, il a connu une longue fermeture : vérifiez sa situation avant de vous y rendre.
Jour 6, une collection née de la solidarité
Dans le Barrio República, le Museo de la Solidaridad Salvador Allende possède une histoire singulière. Né en 1971 à l’initiative d’intellectuels et d’artistes, il a réuni des œuvres données au peuple chilien par des artistes du monde entier, dont Joan Miró, Victor Vasarely, Lygia Clark ou Frank Stella. Après le coup d’État, le projet s’est poursuivi en exil sous le nom de Musée international de la Résistance, avant le retour des collections au Chili avec la démocratie. Le soir, une représentation au Teatro Municipal, la grande maison d’opéra et de ballet de la ville, clôt la journée en beauté.
Jour 7 : sortir de la ville
Pour le dernier jour, trois options s’offrent à vous :
- Valparaíso, à environ deux heures de route, dont le quartier historique est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003, pour ses collines, ses ascenseurs et son art urbain ;
- Isla Negra, sur la côte, autre maison-musée de Neruda, face au Pacifique ;
- Pomaire, village de potiers à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, célèbre pour sa céramique rouge et son petit cochon à trois pattes.
Repartir avec la ville en tête
Une semaine ne suffit pas à épuiser Santiago, mais elle permet de saisir ce qui fait sa singularité : une capitale où les bâtiments portent la trace des grandes ruptures politiques, où les musées dialoguent avec la mémoire, et où les quartiers, de Lastarria à Barrio Italia, inventent chaque jour une scène culturelle vivante. Gardez du temps pour flâner, entrer dans une librairie, assister à une pièce au GAM ou à un concert improvisé à Bellavista : c’est souvent là que la ville se révèle le mieux.